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We are all Goddesses and Themis by F Randazzo Eisemann

  • “Hommage à la femme hondurienne”
  • 2016
  • Encre de Chine
  • ©

L'exposition de Gustavo Armijo « Nous sommes toutes Déesses et Themis » inaugurée le 25 janvier 2017 à la Bibliothèque de l'UNAH, est une possible lecture de cette réalité qui fait que la femme, son rôle, sa pertinence, passent inaperçus. Parmi elles figurent des femmes importantes de notre communauté, mais avec les yeux bandés, comme marquant en une chronique l'espace oculaire pour dissimuler l'identité de la personne. Ainsi que cela doit être pour qui rend la justice.

Précisément, être traitées simplement comme des personnes, en égalité des droits, dans le cas de la femme, c'est ce pour quoi on lutte encore : d'un salaire égal à celui de leur pair jusqu'à un traitement simplement décent, respectueux, aussi bien dans les sphères publiques que privées. Et à nos femmes, les rang de déesse.

L'artiste avec le pouvoir que lui confère la création se positionne au-delà de la condition de genre : être digne d'un portrait est une marque suffisante d'importance. Mais, même ainsi, ces femmes nous sont inconnues. On ne sait pas qui est chacune d'elle. De fait, qui sont les femmes importante de nos vies ? Prenons le temps de nous interroger.

Dans l'exposition, certains dessins ont une expression placide, comme si rien n'arrivera. Ainsi en est-il pour quelques-uns et quelques-unes d'entre nous, sans mettre en évidence le déséquilibre et ses conséquences. Il y a aussi celle qui pleure et porte un bandeau1 noir sur les yeux, silencieuse à cause de la souffrance ; ainsi que l'autre au bandeau noir qui symbolise le silence de la femme Garifuna2.

Mais la diversité est annihilée : le bandeau nous rend égales. Le baillon n'est plus dans la bouche mais sur les yeux. Ainsi, l'ensemble des portraits en noir et blanc pourrait faire penser à une radiographie sociale. L'utilisation du clair-obscur met en évidence une moitié, évoquant le binôme de genre, mais aussi ce côté obscur de la lune, que nous devons cacher, bien qu'il persiste là. Des fonds obscurcis qui contrastent avec la moitié lumineuse, laquelle peut être montrée.

De nombreux visages sont ainsi divisés. Qu'est-ce cela que nous devons cacher pour être acceptées? Pour quelles raisons ne nommons-nous pas ces choses avec lesquelles nous devons vivre comme si elles n'existaient pas ? Discrimination, abus, préjugés, sautent aux yeux, parfois même à ceux d'une justice complètement aveugle.

Tous les portraits sont de face, et ironiquement présentant leur visage, bien que célèbres, quelque-chose empêche qu'elles ne soient reconnues. Il s'agit de re-connaître non seulement notre présence notable sous tous ses angles, mais aussi de revenir à connaître, à appréhender ce que signifie d'être femme. Qui jusqu'à présent l'a défini ? Cela n'a t-il pas été jusqu'à présent dans le meilleur des cas une science masculine et hégémonique ? D'où l'importance des Etudes faites par la femme. Car, personne ne peut ni ne doit parler à notre place, en notre nom. Combien de fois avons-nous eu la possibilité de le définir ? Combien de fois l'ont-ils fait à notre place ? Combien d'études y a t-il sur le sujet ? Combien de fois une science développée par et pour les hommes, nous a prises au piège dans le clair-obscur.

Cette exposition de Gustavo Armijo nous interpelle, nous oblige à réfléchir, à retirer le bandeau dans une société non seulement machiste, sinon à se constituer telle une société du silence. Commençons à voir l'absence de reconnaissance du féminin en chaque être. Nous recevons l'invitation à nous lire au féminin, en mettant l'accent sur être femme comme symbole de l'être humain.

Francesca Randazzo Eisemann, Docteur en Sociologie


1 Justice ou Justitia (écrit en latin Iustitia) est, dans la mythologie romaine, la déesse de la Justice. C'est une personnification allégorique de la force morale qui sous tend le système légal. La symbolique judiciaire utilise également depuis le xiiie siècle une figure de la mythologie grecque, Thémis, sous les traits d'une femme aux yeux bandés, symbolisant l'impartialité. Cf Wikipedia : Justice
2 Les Garifunas sont issus du métissage entre des esclaves africains évadés (les nègres marrons) et les autochtones (Caraïbes et Arawaks), métissant certaines traditions africaines avec la culture caraïbe. Leur nom signifie « mangeur de manioc » en arawak. Cf Wikipedia Garifunas


« Nous sommes toutes Déesses et Themis. Hommage à la femme hondurienne » par Ramón Caballero, curateur indépendant

Postedby Francesca Randazzo Eisemann

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